Abstract
Début 2020, un enfant sur dix âgé de cinq ans et plus était concerné par le travail des enfants à travers le monde, soit environ 160 millions d’enfants – 63 millions de filles et 97 millions de garçons. Bien que la lutte contre le travail des enfants ait connu d’importantes avancées au cours des deux dernières décennies, les dernières données montrent qu’au niveau mondial, elle est au point mort depuis 2016 (BIT et UNICEF 2021). Les estimations mondiales masquent des progrès inégaux selon les régions sur les 20 dernières années: les régions Asie-Pacifique et Amérique latine et Caraïbes affichent globalement une réduction régulière des taux, tandis que ces derniers ont effectivement augmenté en Afrique subsaharienne à partir de 2012. Même si l’on constate des variations importantes entre les pays au sein de chaque région, les enfants astreints au travail des enfants sont aujourd’hui plus nombreux en Afrique subsaharienne que dans tout le reste du monde.Les données factuelles disponibles par tranche d’âge montrent que les conséquences sont plus lourdes pour les enfants âgés de cinq à onze ans, pour lesquels les taux de travail des enfants ont effectivement augmenté, tandis qu’une baisse régulière a été enregistrée pour les enfants de 12 ans et plus. Les filles s’en sortent mieux que les garçons, pour qui les chiffres ont baissé plus lentement au fil du temps, et se sont même inversés pour enregistrer une hausse globale ces dernières années (BIT et UNICEF 2021). Les tendances susmentionnées portent atteinte aux droits, au bien-être et au développement des enfants, et sapent les efforts déployés dans le cadre des objectifs de développement durable et d’autres mécanismes conçus pour éradiquer le travail des enfants. De surcroît, ces tendances ont été observées avant le début de la crise de la COVID-19, qui a exposé des millions d’enfants supplémentaires au risque de travail des enfants. On estime qu’en l’absence de stratégies d’atténuation, le nombre d’enfants astreints au travail des enfants pourrait augmenter de 8,9 millions d’ici à la fin de 2022, en raison d’une hausse de la pauvreté et de la vulnérabilité (BIT et UNICEF 2021).