Abstract
Les marchés du travail de l’Afrique subsaharienne se caractérisent par une répartition asymétrique des hommes et des femmes entre secteurs formel et informel, imputable à une segmentation juridique fondée sur la race et le genre héritée des régimes coloniaux qui régissaient, notamment, le travail. Comprendre la segmentation des marchés du travail dans les contextes postcoloniaux, ou tenter de la surmonter, suppose de rechercher dans les institutions coloniales les origines de la marchandisation du travail. Celle-ci découle d’une norme coloniale du travail basée sur l’exploitation, centrée sur les travailleurs africains masculins au service d’employeurs européens et excluant ou marginalisant les femmes et le travail domestique.