Abstract
Cette recherche montre que des ONG du sud de la Chine se sont appuyées sur leur pouvoir de contestation dans les réseaux de production mondialisés (RPM) pour politiser la RSE et accroître leurs capacités d’action. Elle questionne la capacité des ONG à développer le pouvoir d’association des travailleurs dans le cadre de programmes d’élection de comités de travailleurs dans les usines sous-traitantes. S’appuyant sur une enquête empirique menée entre 2012 et 2014, puis en 2019, ce papier montre que les ONG sont parvenues à sensibiliser les travailleurs à l’importance de l’action collective, mais qu’elles se sont heurtées à des obstacles liés au maintien d’une inégalité structurelle dans les RPM, à l’absence de protection institutionnelle des représentants élus, et plus particulièrement, au durcissement du régime depuis 2015. Sur le plan conceptuel, cette recherche démontre l’intérêt d’ancrer les travaux sur les RPM dans un contexte institutionnel précis, et de considérer les travailleurs comme acteurs du changement dans les RPM.