Abstract
A partir des années 1970, la théorie du taux naturel et l'hypothèse de l'efficience des marchés ont joué un rôle décisif – notamment de par leur application aux marchés du travail – tant pour l'interprétation des tendances économiques que pour la détermination des orientations politiques. Dans leur perspective, l'action publique et les réglementations faussent le jeu des marchés, qui, sans cela, fonctionneraient de manière optimale. La crise actuelle vient de les remettre brutalement en cause. En examinant le contexte européen à partir des années 1990, l'auteur montre qu'elles sont dénuées de fondement: les réformes structurelles ont maintenu un taux élevé de chômage après les récessions, et les politiques monétaires et budgétaires déflationnistes inspirées par ces théories ont freiné la reprise.