Abstract
Cet article traite des effets pervers de réactions trop partielles face à la crise. Dans un premier temps, l'accent mis sur le rôle des gouvernements – mesures budgétaires coordonnées pour stimuler l'économie, limiter les pertes d'emplois et aider les groupes vulnérables – a été efficace pour prévenir une nouvelle “grande dépression”, mais en creusant les déficits publics. Cependant, une erreur a été commise lorsque l'on a renfloué les banques sans corriger les dysfonctionnements d'un système financier à l'origine même de la crise. Les craintes quant à la réaction des marchés financiers face à l'aggravation de l'endettement public ont conduit à adopter une approche plus traditionnelle, centrée sur le marché: consolidation budgétaire, contraction du rôle des pouvoirs publics et affaiblissement de la protection sociale; au risque d'aggraver les inégalités et l'instabilité économique.