Abstract
L’autrice étudie la relation entre temps de travail et environnement à partir de données de panel couvrant 30 pays – pays de l’Union européenne, Norvège, Royaume-Uni et Suisse – pendant plusieurs décennies. S’appuyant sur des cadres théoriques existants et sur plusieurs versions enrichies, elle estime les effets de la durée du travail sur quatre variables environnementales (les émissions de CO₂, l’empreinte carbone, l’empreinte écologique et la consommation d’énergie), en tenant compte de l’impact des principaux facteurs macroéconomiques et structurels. Elle met en lumière une association positive significative entre la durée du travail et les nuisances à l’environnement (notamment les émissions de CO₂). Ces résultats sont valides quelles que soient les spécifications, même si l’ampleur de l’impact varie. Des estimations aux différents niveaux de la distribution des variables environnementales montrent que ce lien est plus fort au milieu et à l’extrémité inférieure de la distribution, en particulier concernant les émissions de CO₂. L’autrice ne peut pas être affirmative quant à la causalité, mais démontre l’existence d’une relation systématique entre temps de travail et environnement. Cette relation pourrait cependant aussi être le résultat d’une courbe environnementale de Kuznets.