Abstract
Pourquoi l’emploi informel et son corollaire, la pauvreté, persistent-ils ? On pourrait penser que la croissance économique suffit à faire basculer les travailleurs vers des emplois plus formels et donc plus sûrs. Or, il n’est pas prouvé, loin de là, que ce soit nécessairement vrai. Certains suggèrent que les emplois formels sont en nombre insuffisant, d’autres que le secteur informel est plus dynamique, d’autres encore que les lois et la bureaucratie dissuadent les acteurs économiques d’intégrer le secteur formel. La réponse pourrait en partie être liée à l’existence de deux marchés distincts du travail informel, l’un choisi, l’autre subi. Les interactions entre croissance, pauvreté et emploi informel sont complexes et se compliquent encore avec l’émergence de chaînes mondiales d’approvisionnement. La croissance encourage-t-elle l’informalité, ou la relation est-elle inverse ? Plusieurs facteurs nous portent à croire que la croissance ne suffit probablement pas à entraîner une réduction de l’emploi informel.